Le concept de conflit et ses limites d’usage, partie 4/7

Publié le par Maître Delordre

Une micropsychologie de l’espace : le cracheur de feu (A. MOLES)
Remarques sur un mini-groupe social : le groupe de Badauds
 
C’est une des formations humaines les plus courantes dans les espaces publics que le groupe de badauds, ces passants agglomérés autour d’un sujet d’intérêt dans la rue, sur la place, dans un espace ouvert. Les gens font cercle et y créent un mini-groupe autour de ce que nous avons appelé, dans diverses études, un micro-événement de la vie urbaine, une de ces « déviations » par rapport à la terne banalité du flux de conscience de la déambulation urbaine : le jongleur, le camelot, le joueur de scie musicale, le bateleur, le cracheur de feu, sont les germes de ce mini-groupe qui se constitue au coin du trottoir ou sur la place : les gens passent, s’arrêtent, jouent de leur curiosité, la satisfont, puis s’en vont.
 
Le mini-groupe est une structure « métastable », c’est-à-dire qui subsiste quand un certain nombre de conditions sont remplies, et dont la forme et la structure restent constantes plus ou moins indépendamment des êtres qui s’y agglomèrent, certains s’en vont, d’autres rentrent de façon aléatoire, mais il constitue un phénomène en soi et il suffit de le contempler de haut (6e étage) pour saisir cette stabilité indépendante des individualités. Regardons donc d’un peu haut un groupe autour d’un cracheur de feu sur la place publique : le groupe est rond, circulaire ou elliptique. Il a, vu de loin, la forme d’un anneau comportant une couronne interne, quelquefois serrée autour de l’événement, une couronne externe, celle où les passants venus de loin viennent s’agglomérer pour élucider la cause de l’agglomération (principe d’autoreproduction) et, entre ces deux couronnes, une zone de peuplement intense régie par des lois d’écologie de l’espace – ou plus prosaïquement de compressibilité humaine -. Il y a naturellement de nombreuses variantes à ce schéma de base : le cercle ou l’ellipse peuvent se transformer en demi-cercle ou demi-ellipse si notre cracheur de feu ou notre camelot s’est adossé à un mur, à une façade, à une palissade, mais les lois de base restent les mêmes et c’est ce mécanisme que nous voudrions expliciter en sélectionnant, dans un modèle exemplaire, le cas type du Cracheur de feu.
 
C’est une structure occasionnelle, mais fréquente, facile à observer. A travers l’amplification du micro-événement : « l’homme qui crache les flammes », que réalise le mini-groupe des badauds, elle participe à l’animation urbaine – si toutefois il fait beau (nous savons que les pluies sont les principaux obstacles aux révolutions) -, elle structure l’espace urbain indifférencié et par là lui donne une valeur esthétique : une valeur au-delà de la rationalité. Le cracheur de feu lui-même est le germe de la cellule sociale transitoire qui s’est constituée. Elle n’existe qu’au moment où l’Acteur acquiert son statut de Cracheur, c’est-à-dire au moment où il est reconnaissable comme tel, où il déballe ses instruments, pose sa bouteille de pétrole à côté de lui, se met torse nu, pose sa blouse par terre et manifeste par là son intention de s’installer, de s’approprier, au titre de location tacite, quelques mètres carrés de la surface publique pour y exercer un empire provisoire.
 
La cellule naît et se constitue, elle se développe suivant une loi exponentielle du nombre de participants, loi qui va rapidement se transformer en loi logistique, en système à « saturation », quand l’attraction du nombre qui a dévié les badauds de leur « chemin vers n’importe où » pour contempler ce remarquable phénomène de la nature et de l’art, va se trouver compensée par l’inconfort, ou l’invisibilité de la source des jets de flamme à travers la barrière humaine des corps opaques.
 
On peut rendre compte de ce mécanisme de croissance et de stabilisation du phénomène groupe de badauds à partir d’un module qui systématise les résultats disparates obtenus dans ce domaine. Rappelons en particulier l’étude faite par MILGRAM quand dans une expérience célèbre, il crée un germe de micro-événements en réunissant un noyau compact d’étudiants, bloqués sur le trottoir au coin de la 42e rue, qui regardent avec fixité un événement inexistant situé au 15e étage : ils créent par là le stimulus générateur d’un attroupement qui va suivre des lois fonctionnelles relativement précises. Une expérience très voisine consiste à marquer d’une croix blanche à la craie un point du trottoir et à engager 6 compères à la fixer du regard dans une attention qui ne se dément pas : il y a quasi certitude d’amorçage d’un groupe de badauds, dans des conditions très comparables au micro-événement du cracheur de feu.
On notera que ce schéma comporte une double boucle de réactions : réactions positives d’amplification : le nombre de gens qui sont captés est d’autant plus grand que le groupe déjà existant comporte plus de gens (principe de « panurgisme »), et une boucle de réactions négatives ou de saturation au-dessus d’une certaine valeur, la force d’attraction pour se joindre au groupe est d’autant plus faible cette fois que le groupe est plus grand. Un modèle de genre rend bien compte de la croissance du groupe d’abord exponentielle positive à partir d’un seuil d’amorçage (6 à 8 personnes) puis de la saturation, exponentielle négative cette fois, qui va se superposer à la précédente. Dans ces conditions la loi de genèse du groupe sera une loi logistique, conformément à l’observation. On notera enfin comme facteurs auxiliaires de conditionnement le concept de disponibilité distractive d'une population et un concept culturel intéressant que nous allons isoler sous le nom de « force panurgique » en hommage à RABELAIS. Un tel schéma permet entre autres de prédire selon les variations de « remarquabilité » de la cause initiale, ou en fonction des facteurs culturels, les variations du résultat.
 
La courbe temporelle de la naissance du groupe affecte donc cette loi et au moment où le cracheur de feu remballe ses affaires pour aller remplacer le pétrole par le pinard, le groupe se dissout assez rapidement, suivant naturellement une loi exponentielle négative.
 
La forme du groupe quand il se produit sur une surface uniforme et isotrope ( le terre-plein du Centre Pompidou ou la Place Bellecour à Lyon en fournissent d’excellents exemples) est donc circulaire ou elliptique, une couronne d’épaisseur variable dans notre exemple de l’ordre de 5 à 10 couches de corps humains (épaisseur propre du corps humain en état de compressibilité : 60 cm – seins féminins en obus non compris : 4 à 5 m). Cette épaisseur de la couronne varie évidemment d’une part en fonction de la remarquabilité de l’événement cracheur de feu – elle sera plus faible à Istanbul qu’à Paris – et de l’autre en fonction de la disponibilité des passants et de la bienveillance ou malveillance des pouvoirs publics. Elle sera bien plus petite sur le trottoir de la 5e avenue que sur le terre-plein de la Place Bellecour. La remarquabilité d’un événement est un des critères numériques que fournit la théorie des actes, elle est liée, nous le savons, à l’originalité culturelle de cet événement, et à l’improbabilité de ses variations : celui qui crache du feu à sept mètres de haut est plus remarquable que celui qui ne crache qu’à deux mètres, et celui qui crache des flammes vertes, rouges et jaunes bien supérieur au cracheur monochrome. Naturellement, si la grosseur du microévénement augmente, et par voie de conséquence la grosseur de la couronne, nous verrons la couronne extérieure, qui se dilate, entrer en contact avec des obstacles : les platanes, les bornes ou les fontaines, et se déformer en suivant à peu près les lois biologiques de la croissance dans l’espace, parfaitement illustrées par les taches de moisissure sur les pots de confiture autour d’une cuiller égarée. Tout ceci est parfaitement prévisible et montre dans un phénomène de la vie courante l’importance des lois d’une vulgaire « Physique » (jusis : science de la Nature) qu’il faut bien appeler « Sociale » (Auguste COMTE).
 
Essayons de rendre compte de façon plus précise de la structure de l’ensemble, cette fois à partir de ses propriétés microscopiques, celles de l’interaction sociale entre deux individus – dont TARDE marque bien qu’elle constitue l’atome social de base -. Tout être membre de la couronne est soumis à l’équilibre entre deux forces contradictoires : attraction et répulsion. L’attraction est liée elle-même (figure) à deux éléments :
 
(A)    – (R) = 0
 
A
=
F1
+
F2
-
R
 
 
 
 
 
 
 
Attraction
=
Force attractive du thème
(qualité du remarquable, valeur événementielle)
 
Force attractive grégaire
« j’y vais » parce qu’il y a des gens assemblés, c’est donc qu’ils ont trouvé un sujet remarquable
 
Force répulsive du cercle interne, propagée jusqu’au lieu où est l’individu considéré
 
Cette force répulsive est liée à différents facteurs perspectifs :
 
-          risque de contact incidentel : (saleté, odeur ou combustibilité au voisinage du cracheur de feu).
-          risque d’implication : être pris à partie par le cracheur de feu, c’est un risque spécialement redouté par les femmes et un phénomène extrêmement net dans le cas du camelot.
-          risque social : ne pas gêner l’action, basée sur une complicité implicite entre acteur et spectateur.
-          risque de prestige : pour toute une catégorie de la population, s’afficher comme badaud est perte d’un certain statut social.
 
Il est facile d’expérimenter sur le rôle de ces différents facteurs, en observant les différents cas où ils varient, et même (cas du risque d’implication par exemple) en les faisant varier systématiquement.
 
L’application pour le cercle interne de la loi d’équilibre : Attraction = Répulsion, conformément à la théorie de Kurt LEWIN, définira en principe le rayon de cercle. Notons bien que ce raisonnement reste assez sommaire : l’espace de travail du jongleur constitue une zone interdite de base (environ 5 à 7 mètres de rayon), souvent dans le cas d’un camelot, ou d’un jongleur avec accessoires, ceux-ci sont conduits à marquer leur territoire d’action par des objets divers.
 
La distance d’équilibre initiale qui va donner lieu à la couronne interne en se comprimant, quand d’autres couches s’agrègent au cercle initial, sera à peu près la distance optimum à laquelle se stabilisent, venant de l’infini, des individus en un groupe clairsemé (densité de badauds faibles).
 
Dès que le nombre des individus se met à augmenter, les couches se multiplient et la couronne s’épaissit, mais les forces étant monotones et isotropes dans le champ socio-topologique, la figure d'équilibre restera un cercle ou une forme ronde. Un nouveau facteur intervient alors, c'est la pression spatio-sociale, la pression exercée par l'ensemble des gens dont nous savons (voir Traité d’Anatomie) que, vus de haut, ils représentent un cylindre elliptique d’environ
 Cm de grand axe, cm de petit axe (figure). C’est le volume de chair humaine incompressible ou co-volume humain. Autour de ce volume, nous savons aussi que se situe une zone dite « de protection » (jouer des coudes) qui, dans l’espace libre illimité, est de l’ordre du mètre. Cette sphère personnelle, ce mini territoire est, lui, plus ou moins compressible : quand la densité des êtres augmente, s’établit une pression psychologique, ils se serrent un peu, le volume de la sphère de protection diminue quelque peu et l’on peut invoquer légitimement (c’est-à-dire sur des lois expérimentales) une loi de MARIOTTE de la compressibilité humaine : P (V – V0) = constante, caractéristique intéressante du comportement des êtres dans les rues, des foules dans les manifestations, des clients dans un magasin.
 
Ce qui nous importe ici, c’est le mécanisme d’agglomération des gens les uns par rapport aux autres. Ceux-ci se disposent en quinconce pour voir à travers les têtes de ceux qui les précèdent, par conséquent, ils adoptent une structure par couche successive qui, statistiquement, est relativement bien déterminée même si chacun a conscience d’exercer sa « liberté ». Si la force attractive du remarquable augmente (« De plus en plus fort, Mesdames et Messieurs, voici le 2e numéro du cracheur de feu »), le cercle interne diminue légèrement de diamètre jusqu’au coude à coude ou au chevauchement, au plus jusqu’à ce que le co-volume soit atteint. La frontière externe, elle, augmente selon les lois déjà énoncées. Elle atteindra en principe son asymptote au moment où la muraille humaine devient si opaque que la quantité de messages visuels captés dans un espace d’angle de regards de plus en plus restreint diminuant, le bénéfice participatif recueilli par le badaud qui s’agglomère à la couronne extérieure devient négligeable vis à vis de la quantité de distorsion de son programme d’activité journalière, ou si l’on veut du gaspillage à envisager de son budget temps : il renonce, il s’en va, le cercle s’arrête de croître.
 
Tant que la force d’intérêt reste positive, le badaud qui s’agrège envisage, dans un jeu de gratuité imaginée, l’idée d’une stratégie conquérante : savoir se glisser au premier rang. Il utilise pour cela des procédés de la mécanique psycho-humaine, entre autres la faiblesse de la pression qui règne à la couronne extérieure toujours animée de mouvements browniens, pour insérer son épaule en une démarche latérale dans un jeu habile d’exploitation des convenances : les Femmes utilisant plutôt que le respect chevaleresque de l’homme, une technique de contraction-dilatation du corps : le faufilement, les Hommes utilisant la masse volumique et la brutalité inhérente à leur sexe. La stratégie est un processus à étapes, l’individu se glisse « en crabe » de couche en couche : il parviendra éventuellement au premier rang, il contemple, jouit, se lasse, et s’en va en créant dans la foule une « turbulence » (au sens hydrodynamique) qui occasionne des facilités stratégiques pour d’autres candidats à la prééminence du spectacle. En moyenne la structure est donc bien définie. Mais nous avons ici laissé de côté de nombreux éléments perturbateurs du type : grosses dames à chapeau, obèses ou malingres, frôleurs ou dames offensées, petits enfants espions - ou émissaires – à travers les jambes des adultes qui proposent des prétextes aux adultes pour les suivre au premier rang.
 
L’un des éléments qui perturbe le plus la simplicité de raisonnement de base ici présenté est certainement la notion de Couple. Le couple, lié par un facteur de tendresse proxémique, possède lui-même plusieurs stratégies à l’intérieur d’une foule ou d’une mini foule, d’un groupe compact d’humains. D’abord il présente une curiosité partagée, mais quelquefois inégalement partagée : la fille quelquefois abandonne le garçon dans sa plongée dans la masse humaine mal odorante et attend à la périphérie (beaucoup de couples âgés fonctionnent ainsi) ou bien au contraire le plus agressif des deux, la fille par son charme (en question) ou l’homme par sa présence physique va s’enfoncer dans la masse en tirant le partenaire par le câble solide de ses mains jointes. Le couple représente alors une « unité » plus grosse, filiforme et demi élastique, qui modifie notablement la simplicité des caractères de l’atome humain.
 
Enfin, la structure circulaire n’est jamais très rigoureuse. Les gens se mettent en rond, mais le cercle fait souvent place à une ellipse plus ou moins aplatie, sans que des causes extérieures bien nettes viennent en déterminer l’aplatissement. On peut simplement dire que l’ellipse se rapproche du « cercle parfait » quand, la densité augmentant, des gens viennent récupérer tout espace vide et neutre qui se trouverait aux extrémités de l’ellipse interne. Nous supposons naturellement ici que le territoire de travail du cracheur de feu est, lui-même, en gros circulaire (ou quadrangulaire) et qu’il oriente le faisceau de son spectacle successivement dans les différentes directions, ce qui est un cas général. Mais ceci montre bien la réalité statistique des forces psychospatiales ici en présence.
 
Il est aisé d’ailleurs de rendre compte du fait qu’ellipse et cercle soient pratiquement équivalents, le diagramme des forces en fonction de la distance (figure) en rend compte : nous savons que les individus de la zone périphérique s’insèrent dans la couronne en s’efforçant de gagner le cercle interne en vue de maximiser leur confort individuel. Or la « force du remarquable » décroît assez lentement avec la distance quand on est au premier rang, c’est-à-dire que la différence entre grand axe et petit axe de l’ellipse reste faible à cet égard, ceux qui sont un peu plus loin ne perdent rien du spectacle, même s’ils sont à 1 ou 2 mètres de plus des évolutions dangereuses du jet de flamme humain. Les forces rectifiantes qui tendent à faire tendre l’ellipse vers la symétrie du cercle maximal sont donc très faibles par rapport au phénomène essentiel : le système de couronne ronde qui est en gros l’objet de notre attention.
 
On pourrait bien sûr généraliser. Nous croyons que l’intérêt de cette note se situe moins dans le Cracheur de feu lui-même – qui la situe sur le plan concret – que dans une approche de groupements spontanés dans les espaces publics et surtout dans l’illustration très concrète de forces psychosociales d’attraction, de répulsion, etc., qui s’inscrivent dans l’espace matériel pour y constituer des champs de force, comme l’avait bien mis en évidence Kurt LEWIN. MILGRAM, dans un travail sur les foules (bibl.), montre des résultats voisins pour certains groupements (enfants auxquels on conte des histoires de fantôme, anneaux de foule autour d’une caisse échouée sur la plage, etc.).
 
On serait conduit normalement à développer des considérations très analogues à propos du rôle du camelot dans la rue, du marchand de foire, de l’attroupement à la suite d’un accident, etc., tout l’ensemble de ce que nous appelons les « micro-événements » de la vie urbaine, leur densité et leur variété au mètre carré ou à l’hectare sont les facteurs déterminants de ce qu’on peut appeler « animation des espaces publics ».
 
 
 
Bibliographie :
 
ADAM (S.), L’attente comme état psychologique, Travaux de l’Institut de Psychologie Sociale, Strasbourg, 1977/78.
CANETTI (E.), Crowds and Power, Penguin Books, Hormondsworth, England, 1962, 571 p.
LEWIN (K.), Field Theory in Social Sciences, Tavistock Publ., Londres, 1952.
MILGRAM (S.), « Crowds », in The Individual in a social world, Addison Wesley Publ. Co., California, 1977, pp. 206-274.
MOLES (A.) et ROHMER (E.), Micropsychologie et vie quotidienne, Denoël-Gauthier, Paris, 1976, 112 p.
MOLES (A.) et ROHMER (E.), Psychologie de l’espace, Castermann, Tournai, 1978, 246 p.
MOLES (A.) et ROHMER (E.), Théorie des actes, Castermann, Tournai, 1977, 266 p.
MOLES (A.), Informationstheorie une ästhetische Wahrnehmung, Verlag M. Dumont Schauberg, Köln, 1971, 283 p.
MOLES (A.), Rumos de Uma Cultura Tecnologica, Editora Perspectiva, Sao Paulo, 1973, 259 p.
SCHWACH (V.), Micropsychologie des files d’attente, Thèse, Travaux de l’Institut de Psychologie Sociale, Strasbourg, 1977.
SCHWARZ (B.), Queuing and waiting : Studies in the Social Organization of Access and Delay, University of Chicago Press, Chicago, 1975.
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Publié dans Sociologie

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